Agression sexuelle sur enfants
Une agression sexuelle sur un enfant correspond au fait de forcer ou de manipuler un enfant dans le but de le faire participer à des activités sexuelles.
Ces agressions peuvent revêtir plusieurs formes. Par exemple:
- obliger un enfant à regarder des matériaux pornographiques,
- obliger un enfant à regarder des actes sexuels,
- regarder un enfant d'une manière sexuelle (l’enfant peut se sentir violé mais il n’existe actuellement aucune loi dans cette matière en Irlande),
- toucher l’enfant de manière sexuelle,
- masturber l’enfant ou le forcer à masturber l’agresseur,
- agresser l’enfant sexuellement (Section 4 Viol) ; cela comprend : la pénétration, même très légère, au moyen de la main ou d’un objet,
- violer l’enfant. Ceci comprend la pénétration au niveau de la bouche, de l’anus ou du vagin au moyen de la main, d’un objet ou du pénis.
L’agression sexuelle sur un enfant n’est pas forcément un acte physiquement violent mais elle aura toujours des conséquences sur l’évolution psychique de l’enfant. Un enfant peut être violé une seule fois, ou bien tous les jours, pendant plusieurs années, cela dépend des cas.
Les individus abusant sexuellement d’enfants sont aussi différents que les lieux possibles où se produit le viol. Mais, très souvent, l’agresseur est un membre de la famille ou un proche à qui l’enfant fait confiance.
L’agression sexuelle sur un enfant est rarement due au hasard. Elle implique en général une certaine préparation et des actions menées dans le but précis de se rapprocher de l’enfant. Les agresseurs utilisent souvent des actes répétés, des actes routiniers et des rituels pour encourager l’enfant à se soumettre à leurs désirs, lui inspirer de la peur et acheter son silence. Par exemple, un père abusant de son enfant peut se servir de comptines, de prières, de bains ou de peluches pour parvenir à ses fins. Des cadeaux, des secrets, des jeux élaborés, des déguisements ou des séances de photographie peuvent aussi faire partie du rituel de préparation de l'enfant par un agresseur.
Certains enfants abusés se rappelleront des faits dans les moindres détails. D’autres auront le vague sentiment que quelque chose a eu lieu. D’autres mettront de côté leurs souvenirs pendant plusieurs années et ne se rappellent les faits qu’à l’âge adulte.
Pourquoi tant de silence?
De nombreux enfants ayant été agressés sexuellement gardent le secret de ce qui leur est arrivé.
En tant qu'enfant:
- Les victimes des agressions sexuelles sont souvent terrorisées à l’idée d’en parler à quelqu’un
- Les victimes des agressions sexuelles en ont peut-être parlé à une personne qui ne les a pas crus.
- L’agresseur peut avoir réprimandé l’enfant, en lui disant qu’il a été méchant ou qu'il s’est mal conduit.
- Les agresseurs font parfois croire aux enfants que s’ils parlent, ils risquent la mort ou l’exclusion.
- L’enfant peut 'raconter' mais en le faisant d'une manière qui n'est pas comprise par ceux qui l'entourent.
- Le traumatisme subi par l’enfant peut lui faire penser que le fait de raconter l'incident n'aura aucun effet, ne changera rien.
- L’agresseur peut être présent régulièrement dans la vie de l’enfant et avoir le pouvoir d'influencer les événements et les circonstances.
- L’enfant peut être, ou se sentir, dépendant de l’agresseur.
- L’enfant peut avoir le sentiment que l’agresseur est la seule personne à se préoccuper de lui.
- L’enfant peut aimer l’agresseur.
En tant qu'adultes, les victimes des agressions sexuelles:
- peuvent avoir du mal à faire suffisamment confiance à quelqu'un pour confier leur histoire à qui que ce soit.
- peuvent souhaiter évacuer tout souvenir de cette histoire de peur qu'un tel souvenir ne les submerge de peine, de culpabilité, de honte, de terreur, de dégoût d’eux-mêmes, de dépression ou de peur.
- peuvent vouloir oublier le passé, mais sans y parvenir
- peuvent penser qu’ils doivent « dépasser » cette histoire et peuvent être encouragés dans cette voie par les personnes cherchant à les aider.
Quelles sont les conséquences du silence?
Un enfant ayant été agressé sexuellement peut souffrir:
- de cauchemars ou de flashbacks.
- d'un manque de confiance en soi,
- d'un dégoût de soi, d'un sentiment d’isolement, d'une tendance à se faire des reproches, d'anorexie, de boulimie, d'une dépendance à l'égard de la drogue ou de l'alcool , ou d'autres comportements autodestructeurs
- de la difficulté à faire confiance aux autres,
- de l’impression de ne pas mériter d’être aimé ou heureux, ou d’avoir des relations qui les aident à aller mieux,
- de peur pour la sécurité de leurs propres enfants et avoir une tendance à se montrer trop protecteurs,
- de difficultés sexuelles car cela leur rappelle de mauvais souvenirs ou bien de se sentir obligés de se montrer « normaux » et non traumatisés par l’agression subie.
Trop difficile à gérer seul
Malheureusement, dans notre société, les enfants ou adultes ayant survécu plus jeunes à une agression sexuelle n’en parlent pas ou ne trouvent la force d'en parler que bien longtemps après l’agression. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est jamais trop tard pour en parler et que de nombreux survivants tirent un bénéfice important de l'accès à l'aide psychologique, même des années après leur mauvaise expérience.
À l'âge adulte, des souvenirs du traumatisme peuvent être déclenchés par l’annonce d'une agression sexuelle dans les medias ou par des événements tels qu’une nouvelle relation, la naissance d'un enfant, ou un décès dans la famille.
Si vous avez été vous-même victime d'une agression sexuelle, c'est vous seul(e) qui pouvez décider si le
moment est venu pour vous d'en parler à quelqu’un. Mais dès que vous vous sentirez prêt(e), nous serons là, à votre écoute.



